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Le regard de l’autre, Diana témoigne

Auteur : APF Ecoute Infos |  18752 visites | En ligne : 22 octobre 2010

Vous pouvez retrouver le questionnaire témoignage et y répondre si vous le souhaitez (n’hésitez pas à le faire).

Étant atteint d’IMC vous ne passez pas toujours inaperçu. Qu’est-ce qui vous agace, vous touche dans le regard de l’autre ? Comment réagissez-vous en général ? Avez-vous mis en place des astuces ? Une stratégie :)) Merci de nous faire part de vos réflexions.

Je m’appelle (prénom fictif) Diana, je suis une femme de 20 ans.

Je suis sensible au regard

- de la famille  : Non.
- au regard des ami(e)s, connaissances  : Non.
- des collègues de travail  : Un peu.
- des professionnels de la santé : Non
- au regard des inconnus : Un peu.

Ce que j’ai à dire

- Je ne suis pas vraiment sensible au regard de l’autre :
Le combat contre le regard des autres est un combat au quotidien qui est loin d’être gagné et facile tous les jours.
J’ai la particularité d’avoir des regards différents selon que je sois debout avec ou sans aides matérielles ou que je sois en fauteuil roulant manuel !
Je peux vous assurer que les regards ne sont pas les mêmes du tout ! _ Au début c’était loin d’être facile car le regard, quand on est en fauteuil est plus perçant et s’accompagne souvent avec un regard de pitié !
On a aussi les regards interrogateurs qui se demandent le pourquoi de cette marche ?
C’est certains qu’à l’adolescence ces regards sont durs à gérer parce qu’on a le problème de notre recherche d’identité, des complexes qui ne sont pas facilités par les opérations qui ont lieu à cette époque (à cause de la croissance).
Mais avec du recul, on arrive à les gérer et à les combattre.
Aujourd’hui je rentre parfaitement dans la définition de "la femme".
Je suis très coquette, je fais attention à mon apparence, à mon corps et je ne cherche quasiment plus à cacher les traces du handicap qui sont minimes mais que les personnes regardent tout de suite (les cicatrices, ma lordose, ma marche, etc).
Pour moi il était très difficile de montrer mes jambes. Maintenant, j’ai décidé de combattre le mal par le mal, je ne me prive plus, je mets des jupes, des maillots de bain etc. et je peux exposer mon fauteuil ou mes appareillages. Certes j’attire plus les regards sur moi, mais pourquoi je me priverais pour les autres ?
Chaque être humain est différent sauf qu’il y a des différences qui se voient plus que d’autres !

- Le regard de votre famille :
Je n’ai jamais souffert du regard de ma famille proche car ils me considèrent comme Diana tout court. C’est vrai que mes proches ont vécu le handicap au jour le jour avec moi c’est-à-dire avec le regard des autres aussi.
IL faut savoir que les gens regardent aussi bien la personne handicapée que les personnes qui sont avec elle. Je ne peux pas dire ce que mes proches peuvent ressentir face à ce regard mais je sais qu’ils m’ont toujours soutenue et m’encouragent à vivre ma vie sans me soucier des autres.
Après le regard du reste de ma famille (moins proche), c’est plus difficile car ils ignorent ce qu’est le handicap et les difficultés que celui-ci représente, c’est plus de l’ignorance, je ne leur en veux pas car le handicap au Portugal est très peu perçu et peu mis en avant de manière positive.
Concernant ma vie amoureuse, je n’ai pas assez d’expérience pour apporter un témoignage clair, mais avec à peine 20 ans, je peux dire que le handicap fait peur, il est très difficile d’expliquer avec des mots simples le handicap. D’ailleurs quand j’ai été confrontée à cela, j’ai préféré ne pas employer le mot handicap mais le mot difficulté à marcher. On dit toujours, qu’on doit aimer l’autre comme il est !
Mais il existe beaucoup de préjugés vis-à-vis du handicap. Il faut accepter la différence qu’est cet handicap mais aussi le regard que peuvent avoir les autres vis-à-vis d’une relation avec une personne handicapée.
J’ai aussi eu la possibilité d’avoir des relations avec des personnes ayant également une IMC et je peux vous dire que c’est plus facile car le handicap n’est pas pris en compte. _Ce qui me révolte c’est l’ignorance des gens peuvent avoir car cela entraîne des préjugés durs à entendre :
« Les handicapés ne devraient pas naître »
« La personne handicapée gâche la vie de ses proches ! »
« La personne gâche sa vie en étant avec un handicapé »….

- Le regard des ami(e)s, connaissances :
Pendant l’enfance, je n’ai pas souffert du regard de mes pairs car lorsque l’on est enfant on perçoit moins la différence de l’autre, on est innocent et on est loin de toutes ces normes édictées par la société.
Je ne peux pas en dire autant à l’adolescence qui a été difficile à vivre. J’ai été rejetée par les autres, puisque je représentais trop de différences : le handicap, mon origine…
Il ne faut surtout pas croire que le handicap soit synonyme de rejet de la part des autres, car ce n’est pas toujours le cas.
Dans mon cas, je l’ai vécu pendant deux ans juste après mon opération. A ce moment là je suis tombée dans une classe peu chaleureuse à mon égard. Ce rejet a beaucoup été lié à l’ignorance et à la peur de la différence.
A l’époque, j’ai gardé le silence car j’avais du mal à me remettre de tous ces changements (physiques et psychologique) que mon opération avait causés puis je n’ai pas voulu donner plus de préoccupations à mes proches.

Ce fut une période difficile, j’ai été à l’origine de moqueries à tout va, mais surtout « personne » ne devait être mon amie, ce n’était pas permis par les autres, c’était considéré comme une « honte » d’être amie avec une handicapée. Ce furent deux années de solitude, de déprime. Je réprimais et refoulais ma rage de vivre, parce que je pensais que toutes ces personnes avaient raison dans leurs paroles.

Je crois que la meilleure chose qui me soit arrivée, c’est d’avoir rencontré cette fille extraordinaire qui est aujourd’hui une de mes amies proches. Elle était nouvelle dans l’école et malgré le fait qu’on lui disait de ne pas me parler, elle a fait le contraire et a cherché à me connaitre et on est devenues amies. Elle m’a redonné confiance en moi, elle m’a sortie de cet isolement et m’a soutenue face aux regards et aux moqueries des autres. Elle m’a ainsi permis d’être la fille que je suis aujourd’hui.

Depuis j’ai rencontré d’autres personnes qui m’ont acceptée telle que je suis. D’ailleurs aujourd’hui mes amis savent que j’ai cette différence qui ne peut être cachée, mais pour elles, je ne suis pas handicapée et si on leur demandait de me définir, j’ai la certitude qu’elles ne penseraient même pas à ce mot.
Je vois bien que certaines fois, elles ne savent pas s’adapter à mon handicap correctement mais c’est tout à fait normal parce qu’on apprend à s’adapter avec le temps puis avec la maturité puis c’est vrai que je suis la seule à connaitre mes limites et c’est quelque chose que je garde souvent pour moi parce que j’ai toujours eu une grande autonomie, ce qui en étonne plus d’un.

J’ai décidé que je ne cacherai jamais mon handicap même si celui-ci peut être vite caché par les aides matérielles, ainsi toutes mes connaissances savent ma différence.

Je sais bien que souvent on me reproche de vouloir trop le mettre en avant mais je le fais pour pouvoir lutter contre les préjugés liés au handicap et, je vous assure, c’est ma personnalité qu’on voit en premier !

- Le regard au travail
Je suis en dernière année d’étude pour être conseillère en économie sociale et familiale (travailleur social). Les moqueries de l’adolescence ont fait monter en moi une rage et je ne voulais plus que cette situation se reproduise. Je suis tout de suite allée vers le social même si au début je le visualisais plus par des actions de sensibilisation au handicap.
C’est une décision liée à ma fatigue physique qui m’a fait m’orienter vers le social en tant que professionnel. On peut dire que ce fut, un mal pour un bien car j’ai trouvé ma voie !
J’ai donc commencé le social à 14 ans et la filière deux ans plus tard. Je n’ai pas choisi la filière la plus facile vis-à-vis du regard, car certains professionnels ont du mal à comprendre mon choix professionnel. Oui parce que je passe de l’autre côte de la barrière, je n’ai plus besoin d’être aidée, c’est moi qui aide. C’est sûr, c’est rare de voir des travailleurs sociaux avec un handicap mais rien ne nous en empêche, avec du recul et de la maturité. Il n’y a pas de risque à mélanger la vie personnelle et la vie professionnelle.
On m’a souvent dit de choisir un autre métier moins éprouvant et moins risqué psychologiquement pour moi. J’ai souvent hésité et été démotivée mais je ne me vois pas faire autre chose quitte à lutter avec des regards en plus.

- Le regard des professionnels de santé :
Je crois que c’est encore à l’adolescence que j’ai eu le plus de mal avec le regard des professionnels, lorsque l’on est obligé d’enlever des couches de vêtements pour être examinée. Également pour faire de la kiné.

C’est difficile car souvent ce n’est pas seulement un professionnel qui est dans la salle mais plusieurs en même temps. Or ce n’est pas évident lorsque l’on est pudique.

Pour m’aider ma mère avait une technique. Je me mettais en débardeur et en short court. Depuis je garde cette habitude et je ne souffre plus de leurs regards.

- Le regard des inconnus :
Comme je l’ai dit au début, c’est un combat au jour le jour mais aujourd’hui je veux vivre ma vie sans me soucier des autres.

Je sentirai toujours ces regards de pitié ou interrogateurs mais je ne me priverai pas. J’alterne souvent la marche et le fauteuil en parallèle, c’est-à-dire que je n’hésite pas à me lever du fauteuil si j’ai besoin d’attraper quelque chose. Je peux vous dire que les gens à coté sont sous le choc. Au début je le faisais inconsciemment mais maintenant je le fais souvent exprès car c’est une forme de lutte contre les stéréotypes liés au handicap. On croit souvent que le handicap veut dire fauteuil + mauvaises apparences + pas de futur. Or c’est pas du tout le cas pour moi mais aussi pour toutes les personnes handicapées !!!!

- Que souhaitez-vous ajouter ? :
Il y a encore beaucoup d’ignorance qui entraine des préjugés, des regards et des discriminations !
Je tiens à dire que malgré tout cela, il faut vivre la vie à 200% car tout le monde a le droit d’être heureux, de vivre ses rêves.
Il ne faut pas oublier qu’un handicap n’arrive jamais qu’aux autres et il ne faut pas simplement s’intéresser a sa petite personne. La vie est loin d’être rose et pour personne ! Chaque être humain est différent et a ses difficultés. Il faut vivre la vie avec espoir, courage et surtout avec des buts et des rêves.

Nous vous remercions Diana pour votre témoignage.

 

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